De Babacar à Théo, stop aux violences policières !

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Théo a subi le jeudi 2  fév. 2017, à Aulnay sous Bois, une violence policière inouïe qui s’apparente à des actes de viol et de torture. Les actes dont il a été victime, étaient accompagnés d’injures écœurantes et racistes. Il en résulte pour Théo des séquelles physiques et psychologiques importantes. Samedi dernier le 4 février, c’est un homme de 83 ans qui a reçu 4 coups de matraque au visage lors d’une manifestation à Quimper. Souvenons nous aussi qu’il y a un peu plus d’un an, ici à Rennes, Babacar était assassiné par la police.  En ce qui concerne Babacar nous n’avons toujours pas d’éléments sur l’enquête en cours et les sanctions envisagées contre les auteurs de la mort de Babacar

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Nous avons testé …. RenCitéZen !

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RenCitéZen est nouveau dispositif mis en place par la Ville de Rennes depuis la fin du mois de septembre 2015. Il s’agit d’un centre d’appel dans lequel travaillent douze agents pour répondre aux appels des Rennais qui constatent un trouble à la « tranquillité publique ». Il y a également un formulaire en ligne et une application smartphone qui permettent de faire les mêmes constatations.

La « tranquillité publique » est une notion vague. Le site de Rennes Métropole donne plusieurs exemples en évoquant « des lampadaires défectueux, des dégradations, graffitis, déchets laissés à l’abandon, nids de poules, frelons asiatiques, nuisances sonores, etc ». Le formulaire en ligne propose le signalement des troubles à la tranquillité publique suivants :

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Ce dispositif est contesté par plusieurs associations à l’instar du collectif Place à défendre, qui y voit là un outil de délation.

Nous avons donc essayé d’appeler le numéro indiqué en prétextant avoir vu un homme alcoolisé Place Hoche qui « parlait tout seul et allait de-ci, de-là ». La réponse de la personne a été de nous proposer de nous mettre en relation avec la Police Municipale, ce que nous avons décliné en expliquant qu’aucun délit n’avait été constaté, qu’il s’agissait juste de prévention, que la Police Municipale ne méritait pas d’être contactée pour cela, que nous pensions que c’était RenCitéZen qui était le plus adapté dans ce cas de figure. L’agent a insisté pour nous mettre en lien avec la Police Municipale, nous avons à nouveau décliné avant de mettre un terme à la conversation.

Le service RenCitéZen prend donc en charge les signalements concernant les faits (éclairage défectueux, déchets sur la voirie …) mais aussi les personnes. C’est là que le bât blesse. L’idée d’avoir un service rapide, accessible pour régler les petits désagréments du quotidien est intéressante ; cependant il y avait une ligne rouge à ne pas dépasser, le traitement des désagréments liés à des personnes, c’est pourtant le cas. En effet, la ville n’a pas à inciter les citoyens à dénoncer d’autres citoyens, c’est la porte ouverte à tous les abus. Notre expérience nous montre que les agents, à la place de répondre que les désagréments liés aux personnes ne sont pas de leur ressort, n’hésitent pas à traiter le sujet, en l’occurrence en mettant en lien avec la Police Municipale.

Par ailleurs, ce dispositif comporte un problème de droit à l’image. En effet, il est possible de joindre une photo à un signalement mais il n’est nulle part mentionné qu’il est prohibé de diffuser une photo d’une personne sans son consentement.

Le dispositif RenCitéZen doit donc être revu pour se cantonner aux problèmes de faits et non de personnes.

Intervention de Yannick LE GARGASSON sur la prévention de la délinquance, Conseil Municipal du 19 janvier 2015

Le document dont il est question est consultable ici

la-maire-reunit-le-conseil-de-securite_0                                                                    (photo : Ouest France)

Madame la Maire, chers collègues,

Nous avons lu ce document avec intérêt. L’impression qu’il dégage est que les questions liées à la délinquance ne sont pas réellement bien posées. En effet, l’immense majorité du document est consacré aux trois priorités que vous avez fixées, à savoir la prévention et la lutte contre la consommation excessive d’alcool et de stupéfiants sur la voie publique, la prévention et la lutte contre l’appropriation de l’espace public par des personnes en errance ou des trafiquants et enfin la prévention et la lutte contre les conflits de voisinage.

Certes, il s’agit de comportements déterminants dans le sentiment d’insécurité que peuvent éprouver nos concitoyens. Mais comme le note le document, le premier problème rencontré à Rennes est le vol. Il représente 49% des actes délinquants, mais est peu évoqué dans le document. A contrario le problème des trafics de stupéfiants même s’il est préoccupant, ne concerne que 4% des plaintes; il est cependant omniprésent dans le document.

La question de fond est celle de la place de chacun dans la ville y compris dans son centre. La mixité sociale et culturelle des rues, des quartiers est à valoriser. C’est un sujet central. Il est délicat à traiter. Le document que vous présentez aborde des pistes intéressantes.

Par ailleurs, à l’occasion de l’examen de ces questions liées à la sécurité, nous exprimons notre étonnement face à la débauche de moyens de sécurité mis en œuvre lors de la visite de M Valls le 19 décembre dernier. Les manifestants ont été parqués de longues heures. Ils ont été traités à notre sens comme des délinquants. La mobilisation, par l’État dans notre Ville, de dispositifs de sécurité hors de proportion au regard du risque réel est une atteinte à la démocratie, à la liberté de contester une orientation politique d’un pouvoir. L’atmosphère hyper sécuritaire qui a prévalu ce jour là est choquante.