Projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, de quoi le gouvernement est-il le nom ?

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Si nous prenons acte du feu vert donné par le Tribunal de Grande Instance de Nantes d’expulser les habitants de la zone concernée par l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, nous réaffirmons notre total désaccord avec un projet qui n’a jamais fait l’objet d’un réel débat avec des scénarios alternatifs.

Quel Gouvernement, qui se dit attaché à la protection de l’environnement bétonnerait une zone naturelle à la biodiversité riche pour un aéroport dont nous n’avons pas besoin ? Lire la suite

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Face aux insistances de la droite et du PS : l’aéroport c’est toujours non ! Intervention de Yannick au Conseil de Rennes Métropole du 17 décembre 2015

Nous avions à nous exprimer sur trois vœux présentés par la droite, le PS et le Groupe écologiste.

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L’exécutif de Rennes Métropole propose, sous forme de vœu, un soutien au projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique vers le site de Notre Dame des Landes. Cette motion vient en réaction, et surtout en appui, d’une démarche initiée par le Droite de cette Assemblée. L’argument posé par Rennes Métropole est celui de la nécessité du développement économique de l’arc Grand Ouest et de l’apport du projet de NDDL au développement de la Métropole Rennaise notamment en termes de connexion ferroviaire.

Ce projet et ses soutiens en provenance du PS et de la Droite sont l’illustration de plusieurs dénis.

Un déni opérationnel : ce projet fait fi du potentiel de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique (NA) ainsi que des autres territoires du Grand Ouest. Des études ont démontré que celui-ci est non saturé, qu’il pourrait recevoir à un cout moindre que celui de NNDL une nouvelle piste. NA a été évalué en 2011 comme le meilleur aéroport d’Europe par les compagnies aériennes régionales. C’est dire sa vétusté ! La conservation et l’évolution de l’aéroport NA couterait selon le collectif atelier Citoyen 4 à 6 fois moins cher que le projet de NDDL. Par ailleurs, on ne répétera jamais assez que l’aéroport d’Angers n’est utilisé qu’à 10% de ses capacités !

Un déni financier : le coût de construction de l’aéroport NNDL doit être complet pour être pleinement apprécié. Il faut ajouter au projet sricto-sensu, les coûts nécessaires à son fonctionnement : barre routière, tour de contrôle, franchissement de la Loire, restructuration ferroviaire par exemple ; ces coûts sont supportés par l’Etat et les collectivités. L’Atelier Citoyen précité estime le coût complet de l’opération à environ 1500 Millions d’euros. Et c’est dans l’hypothèse sans surcoût. Hypothèse hypothétique. Ayons en tête le projet en cours de Berlin Brandenburg annoncé à 1,7 Mds d’euros et qui finira sans doute à plus de 6,7 Mds d’euros.

Un déni en termes de gestion et de transparence des finances publiques : La filiale de Vinci (Aéroport du Grand Ouest, AGO) est titulaire de la DSP de gestion des aéroports Nantais depuis 2011. Elle a déjà accumulé un résultat net de 31 millions d’euros. Ce bénéfice n’aurait-il pas pu avoir d’autres usages ? Elle a de plus reçu une subvention publique initiale de 246 millions d’euros dont 115,5 imputables aux collectivités. Alors que par le passé les groupes qui investissaient sur les opérations et des concessions publiques devaient en théorie ramener de l’argent aux collectivités, ici c’est dès le départ l’inverse. Il faut payer le rentier Vinci pour qu’il fasse des affaires. Ce modèle économique est tout aussi hallucinant que le mode de gestion politique de ce projet. Enfin pour conclure sur la transparence nous avons tous en tête, et je suis sûr que nous sommes tous scandalisés de voir un ancien Préfet de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire devenir cadre dirigeant chez Vinci. C’est l’entre soi de la bureaucratie, ce type de collusion, sont le contraire de l’intégrité morale que nous devrions ici connaître.
Enfin j’attire l’attention de cette Assemblée dont je connais la sensibilité à la pression fiscale, sur l’impact du projet de NDDL sur la fiscalité des ménages. C’est plus de 500 euros/habitant de Nantes Métropole, La Carène (St Nazaire,…) et Cap Atlantique (Guérande..) et plus de 230 euros pour les habitants de Loire Atlantique.

Un déni démocratique : Françoise Verchère élue Fdg/PG de l’ancienne mandature au Conseil Général de LA a souvent dénoncé l’opacité des opérations, et le manque de débat démocratique autour du projet. La majeure partie des habitants du territoire impacté par le projet, ceux qui habitent à proximité, ainsi que beaucoup de Nantais sont opposés à ce projet. D’autres pensent que cet aéroport doit se faire coûte que coûte en utilisant le lamentable chantage à l’emploi. Ces pro-aéroport entretiennent un climat de tension permanent. Nous pensons qu’il revient aux élus de reprendre la main et d’organiser une consultation… Comme je viens de le dire, nous sommes dans un entre soi qui n’écoute pas la population, ses attentes, ses craintes. La démocratie s’est surtout caractérisée par la succession de recours juridiques. C’est une garantie de droit certes, mais ce n’est pas ce qui caractérise en soi une vraie démarche démocratique. Il y a tout lieu de craindre le tout sécuritaire actuel qui pousse le pouvoir à réprimer sans retenue aucune, comme à Rennes récemment, les militants engagés dans des combats contre des projets de ce type. La répression envers les Zadistes de NDDL va potentiellement s’accentuer dans un bel amalgame qui lie terroristes et militants radicaux et déterminés. Nous serons sur ce point, nous élus de l’opposition de gauche, exigeants et vigilants. Enfin contrairement à ce qui est dit et écrit, les recours juridiques ne sont pas terminés. L’Etat ne doit pas malgré ses rodomontades récentes et prégnantes engager expulsions et travaux.

Un déni environnemental : c’est l’un des points majeurs. C’est le point qui réunit tous les opposant au projet. Les citoyens sont conscients des risques sur ce point. Ils les comprennent, ils s’engagent avec détermination. Ici le déni environnemental est aussi un déni démocratique. Beaucoup de publications ont décrit les effets délétères de ce projet pour la biodiversité, l’activité rurale, l’emploi rural (600 personnes). Je citerai un point moins connu. Même si le projet se veut plutôt respectueux, en tant que bâtiment, hors impact des pollution des avions, de l’environnement il faut noter que sa seule construction induit 110 ans de son équivalent annuel d’émission de gaz à effet de serre et 50 ans de sa consommation électrique annuelle moyenne.

Pour toutes ces raisons majeures, fondamentales,

Parce qu’il n’y a eu aucune recherche sérieuse d’alternative, mais plutôt obstination et parfois collusion,
Par solidarité avec ceux qui demandent un vrai débat technique et économique, par solidarité avec ceux qui résistent,

A l’instar des élus du groupe écologiste,

Je voterai contre le vœu du Président de RM et contre celui de Nouvelle Perspectives et favorablement au vœu du groupe écologiste.

Merci de votre attention.

Manœuvre politicienne de la droite, pour nous l’aéroport à NDDL c’est NON ! Intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 23 novembre 2015

Le groupe alternance 2020 avait déposé le Voeu suivant, rejeté par la Majorité et nous-même

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Madame la Maire,  chers collègues, Monsieur Plouvier,

Nous intervenons bien sûr en tant qu’élus municipaux mais aussi en tant que membres du Cédpa, le Collectif des élus qui doutent de la pertinence du projet d’aéroport.

Ce vœu dépasse l’entendement.

Déjà, parce qu’il est avant tout politicien avant d’être politique essayant, à l’approche des élections régionales, de diviser EELV et le PS pour espérer gagner la région, n’est-ce pas Monsieur le Directeur de campagne, ce qui n’est pas digne de notre Conseil Municipal. Mais après tout, cela ne nous concerne pas.

C’est surtout sur le fond que ce vœu nous paraît hallucinant. Vos ventez le projet d’aéroport à NDDL en arguant qu’il est porteur d’avenir pour nous territoires et les habitants. Vous êtes-vous déjà promenés dans les communes au Nord de Nantes ? Et en particulier à NDDL ? Partout dans les jardins il y a des panneaux contre le projet d’aéroport, les habitants sont majoritairement opposés au projet, raison pour laquelle le gouvernement exclue l’idée même d’un référendum sur la question. Quant à l’avenir de nos territoires, une zone humide comprenant une biodiversité riche mais aussi de nombreuses terres agricoles ne mérite-t-elle pas d’être préservée ?

Votre argument sur le fait d’éviter de passer par les aéroports parisiens pourrait être entendable s’il n’y avait pas d’aéroport dans la région. Comme vous le savez certainement, les aéroports de l’Ouest sont sous-utilisés. La fréquentation de l’aéroport de St Jacques n’excède pas 50%, celle de Nantes Atlantique 80%, sans parler même de celui d’Angers qui, avec seulement 5000 passagers par an a une fréquentation de seulement 10% !

Enfin, comme toujours, sans grande surprise, nous avons le droit au chantage à l’emploi. Nos pauvres jeunes qui sont obligés de quitter Rennes parce qu’il n’y a pas de boulot mais grâce aux entreprises qui sont impatientes d’arriver à Rennes par avion via NDDL,  ils sont sûrs de ne pas pointer à Pôle Emploi. Tout cela relève du dogme. On aura beau favoriser de toutes les manières possibles et inimaginables la venue d’entreprises sur notre territoires, perdurant ainsi la logique de compétition entre les régions, tant que les gens n’auront pas d’argent pour consommer, ces entreprises ne feront pas de chiffre et donc n’embaucheront pas. Le problème ne vient pas de l’offre mais de la demande.

Vous l’avez compris, pour nous ce vœu c’est un NON en lettres majuscules.

Merci de votre écoute.

Notre-Dame-des-Landes : adhésion de Yannick au « Cédpa »

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Compte-tenu de mon engagement depuis plusieurs années dans le combat contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, je fais le choix aujourd’hui d’adhérer au « Cédpa », le Collectif d’élu-e-s doutant de la pertinence de l’aéroport.

Alors que mon collègue Jean-Paul TUAL est déjà membre de cette association depuis plusieurs mois, il me semble que la menace de reprise des travaux annoncée par Manuel Valls nécessite plus que jamais l’engagement de chacun pour éviter que ce projet voit le jour.

En effet, non seulement un aéroport dans cette zone est inutile compte-tenu de la sous-utilisation d’autres structures aéroportuaires proches, mais en plus le territoire choisi est particulièrement inopportun puisqu’il accueillie une biodiversité riche ainsi que des exploitations agricoles.

Plus généralement, face au défi climatique dans lequel nous sommes déjà plongés, il faut faire des choix : doit-on banaliser l’avion pour de courtes distances qu’importe son empreinte carbone ou plutôt favoriser le train ? J’ai choisi mon camp.

Comme pour tous les grands projets inutiles et imposés bretons (centrale à gaz de Landivisiau, opération minières en centre Bretagne …), ou nationaux, non-seulement la population n’est pas consultée mais en plus leur nécessité pour l’intérêt général n’est jamais prouvée. Satisfaire les appétits de grands groupes ne peut en aucun cas être une motivation suffisante. Les actions de résistance citoyenne, notamment celles de la ZAD, doivent être soutenues.

Pour toutes ces raisons, je suis disponible, comme le sont l’ensemble des militants du Front de Gauche, pour continuer à mener la lutte contre le projet d’aéroport.

Yannick LE GARGASSON, Président du groupe Front de Gauche à la Mairie de Rennes.

Notre Dame des Landes : « L’abandon, c’est maintenant! ».

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Françoise Rubion, conseillère municipale de Rennes, Mathieu Agostini, conseiller municipal des Lilas,Corinne Morel-Darleux, conseillère régionale Rhônes-Alpes


Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, s’il devait voir le jour, entraînerait la disparition de milliers d’hectares de terres naturelles et de 50 exploitations agricoles. Il coûterait plusieurs centaines de millions d’euros aux collectivités locales, alors que la crise touche fortement les Français. Il amplifierait l’étalement urbain entre Rennes et Nantes, déséquilibrant le territoire régional.

Par ailleurs, plusieurs études l’ont démontré, une optimisation de l’aéroport de Nantes-Atlantique, en complémentarité avec celui de Rennes-St-Jacques, permettrait de répondre aux besoins de demain et de maintenir les emplois sur ces deux sites. 

Le mouvement des opposants à ce projet inutile, coûteux et imposé ne faiblit pas. Plus que jamais, le gouvernement sait qu’il doit faire face à une forte entente entre les paysans, les élus, les collectifs, la ZAD (zone à défendre).

Les opposants ont tenu bon malgré la répression policière sur la ZAD. Et ils peuvent maintenant compter sur plusieurs victoires. Car la bataille est aussi portée sur le plan juridique. La Commission Européenne a notamment lancé une procédure d’infraction contre la France, pour cause de fractionnement du dossier et d’insuffisance d’étude d’impact environnemental global.

Plus le temps passe, plus la mobilisation s’amplifie et les arguments contre l’aéroport s’accumulent. La semaine dernière, un rapport a démontré que le chiffrage des coûts de l’aménagement de l’aéroport de Nantes (qui permettrait d’éviter la construction de Notre Dame des Landes) a été truqué par les services de l’Etat : surestimation des coûts, choix de démolition totale de l’aéroport pour le reconstruire etc.
Pour toutes ces raisons, les élus du Parti de Gauche ont participé, cette année encore, au rassemblement annuel des opposants au projet.