PSA : rien n’est fait pour enrayer la crise industrielle. Intervention de Yannick au Conseil de Rennes Métropole du 24 novembre 2016

industrie-france

Monsieur le Président, chers collègues,

Le contexte national, comme celui de l’Europe d’ailleurs, est marqué par une crise industrielle liée directement à la baisse de rentabilité du capital technique et immatériel investi dans ces secteurs. En fait ce n’est pas l’industrie en soit qui est en crise, c’est sa rentabilité. C’est aussi le modèle social de production, de la répartition des richesses entre le salariat et les actionnaires qui sont mis en cause au détriment net et sans appel des premiers.

Lire la suite

Pour la mise en place de critères sociaux et environnementaux dans l’aide au logement des PME, intervention de Yannick au Conseil de Rennes Métropole du 20 octobre 2016

2048x1536-fit_ancien-siege-france-telecom-immeuble-mabilais-construit-1976

Monsieur le Président, chers collègues,

Cette délibération nous propose d’acter le principe d’une délégation de service public pour la gestion de l’immobilier à vocation économique, c’est-à-dire les bâtiments appartenant à la Métropole qui sont loués à des tarifs avantageux à de jeunes entreprises aux moyens limités. Lire la suite

Chronique de la casse d’une entreprise rennaise, le cas de Cooper Standard. Intervention de Yannick au Conseil Municipal du 27 juin 2016

emplois-menaces-lintersyndicale-alerte-psa                                                                                     (photo : OF)

Le groupement SAS Lorimmo a signé avec Cooper Standard, sous-traitant de l’automobile, une promesse de vente relative aux terrains de cette entreprise à l’Ouest Rennes à la Barre Thomas. Elle porte également sur la rétrocession à la Ville et à Rennes Métropole des surfaces liées à l’aménagement et à la viabilisation.

Lire la suite

Militarisation du centre-ville, une situation intenable pour les petits commerçants ! Intervention de Yannick au Conseil Municipal du 24 mai 2016

RCc5b9WbVxJNBShy(photo : francetvinfo)

Madame la Maire, chers collègues,

La situation des commerçants rennais est intenable. De grandes enseignes bancaires ou d’assurances, sous prétexte de vitrines cassées par certains manifestants, demandent par le biais de MEDEF 35  » un moratoire de six mois portant sur les charges sociales et fiscales, une exonération des taxes liées à leur activité au bénéfice des entreprises et des commerces situés en zone de guérilla urbaine, le respect par le Trésor public des engagements de l’Etat pris en faveur de la compétitivité des entreprises. » (OF du 20 mai)

Lire la suite

Intervention de Yannick sur les impacts des investissements locaux au Conseil de Rennes Métropole du 21 avril 2016

Un diaporama, disponible ici, nous a présenté les externalités en terme d’emploi, de carnets de commandes etc des investissements de la Métropole.

img18

La présente note est très importante pour les élus que nous sommes. En effet au delà des décisions relatives aux opérations d’investissement qui globalement obéissent à des logiques d’aménagement des villes et des zones urbaines, cette note aborde l’impact économique immédiat. Ce qui est traité ici concerne, l’emploi,  Lire la suite

Extension de l’ouverture des commerces le dimanche, c’est non ! Intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 23 novembre 2015

Pour la 1ère fois de ce mandat, Madame Appéré a du faire face à l’unanimité de la gauche contre sa volonté d’étendre l’ouverture des commerces le dimanche puisque le groupe communiste, le groupe UDB, le groupe écologiste et nous-mêmes avons voté contre. Le vote favorable du PS et de Alternance 2020 ont permis que cette délibération soit acceptée.

travail-dimanche-3095215-jpg_2718817_660x281

Mme la maire, chers collègues,

Ce projet de délibération qui permettrait des ouvertures exceptionnelles des commerces en 2016 s’appuie sur les dispositions de la loi Macron, d’un protocole d’accord négocié pour la période 2016-2019 avec un avenant 2016 mais aussi d’autorisations supplémentaires consenties par Mme la maire.

Nous observons que les dispositions proposées retiennent 3 jours fériés et 3 dimanches. De 5 ouvertures en 2015, il en est donc proposé 6 en 2016.

Ces propositions ne sont pas acceptables pour plusieurs raisons.

Tout d’abord la négociation ne s’est pas conclue avec l’accord de toutes les organisations syndicales des employés ce qui atténue fortement sa crédibilité.

Ensuite, comme cela a déjà été dit par un responsable syndical, ce n’est pas parce que les commerces seront ouverts 24h sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours sur 365 que les salarié-es, retraité_es, chômeurs dépenseront plus, alors même que les salaires, pensions et minimas sociaux stagnent voire baissent.

Sans oublier que les conditions de vie et de travail des employé-es des commerces, rarement évoquées, en subiront des conséquences négatives.

Nous voterons contre ce projet de délibération.

PSA La Janais : chronique d’un homicide volontaire

HmIVs

Depuis 2005, les effectifs de La Janais sont passés de 12000 salariés à 4691 aujourd’hui. Parmi ces 4691 salariés, 1090 sont en congés reclassement et 250 en arrêt maladie longue durée. On parle encore de 250 départs contraints cette année puisque la direction incite les plus de 55 ans à partir.

Et pourtant, malgré ces suppressions d’emplois, la direction de l’entreprise augmente les cadences de travail pour les salariés puisque depuis quelques mois ce ne sont plus 47.5 véhicules par heure qui devaient sortir des chaînes de montages mais 50. Pour ce faire, l’organisation du travail a été revue pour adopter le « full kitting » (http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/28/88/63/A0002-Tracts-syndicaux-4eme-trimestre-2014/2014-11-04-Tract-CGT-Mulhouse-Montage-Full-Kitting-quelles-.pdf).

Par ailleurs, les salariés sont bien souvent obligés de travailler une demi-heure de plus chaque jour pour réussir leurs objectifs de production alors que les jours chômés se multiplient, quatre en septembre, sept en octobre et trois en novembre.

L’activité à PSA est en train d’être rognée de toute part. La Direction externalise de nombreux services contre l’avis unanime des organisations syndicales. Par exemple le service d’envoi de véhicules neufs ou le service sécurité ont été externalisé, faisant appels à d’autres salariés moins qualifiés.

Face à cette situation, Carlos Tavarez, le Président du Directoire de PSA ainsi que des bras droit locaux arguent du fait que depuis la rentrée 2015 le chômage individuel a baissé. Ceci s’explique par le fait que les salariés sont incités à poser des jours de congés ce qui ne les fait pas apparaître dans la comptabilité du chômage partiel. Lors de réunions du comité de réindustrialisation, 150 à 200 nouveaux emplois avaient été promis. Il était en effet question d’un projet de plateforme centrale dans le domaine de l’alimentaire.

Malheureusement le porteur du projet a été dissuadé de s’implanter à Chartres de Bretagne par ses concurrents (Leclerc, Super U …), le projet ne verra donc pas le jour. Seul douze anciens salariés de PSA ont été repris par la nouvelle entreprise implantée sur le site de La Janais, B3 Ecodesign qui transforme des conteneurs maritimes en bureaux ou logements. Le groupe breton de BTP Pigeon a fait l’acquisition d’une emprise foncière dans l’enceinte de l’usine PSA pour y faire fonctionner une centrale de production de béton. Dix-sept personnes seront recrutées. Le groupe Sita Suez achète également un espace foncier pour l’installation d’une déchetterie industrielle, qui recrutera 23 salariés. Selon les cas, le personnel peut être issu, ou non, de PSA. Les comptes sont loin d’y être.

Et pourtant, malgré toutes ces suppressions d’emplois, malgré tous ces sacrifices demandés aux salariés, l’État et les collectivités continuent de verser des millions d’euros sans aucune condition. Ainsi, entre 2013 et 2014 le groupe PSA a reçu 126 millions d’euros au titre du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE). Localement, les subventions se multiplient également alors que Tavarez a exigé en janvier dernier dans une lettre confidentielle à P.Massiot (Président du Conseil régional), JL Tourenne (ancien Président du Conseil Départemental) et E.Couet (Président de Rennes Métropole) entre 20 et 30 millions d’euros de subventions (acquisition de foncier, aide à la compétitivité…) en échange de la sauvegarde des sous-traitants de PSA à Guichen, Bain Sur Oust etc. Il s’agit là d’un véritable chantage, mais le PS se laisse faire et paye.

Faisons d’Excelcar un outil de la transition écologique de PSA, intervention de Yannick au Conseil de Rennes Métropole du 17 septembre 2015

image(site : excelcar.org)

Monsieur le Président, chers collègues,

La Métropole va subventionner à hauteur de 364 600 euros, entre aide à l’exploitation et aide à l’investissement la plateforme Excelcar. Cette plateforme a pour objet la promotion industrielle de la filière automobile. Le budget prévisionnel de cette plateforme est d’un peu plus de 5 millions d’euros.

Nous le savons malgré les soubresauts, ici ou là, ce secteur connaît une double crise. Celle de la construction, à bas coût d’automobiles, sur l’ensemble de la planète. Cette répartition planétaire légitime se fait, en France, au détriment de l’emploi et des conditions de travail des salariés de ce secteur. L’emploi y a chuté de 102 000 emplois en dix ans (Trimestre 2 2005 à Trimestre 2 2015, Insee), soit un tiers des emplois. L’autre crise, est celle du modèle automobile basé sur l’énergie fossile. Le pétrole coûte certes actuellement moins cher qu’il y a deux ans, mais nous le savons c’est lié à la chute de l’activité mondiale, à l’émergence de l’énergie des gaz de schistes aux USA. Toute reprise économique conduira au renchérissement des produits pétroliers et si cette reprise se fait sans changement de nos modes de production et de consommation, elle accentuera la dégradation déjà considérable de l’environnement de la planète.

Les motifs de la décision de RM d’aider Excelcar sont pertinents mais à notre sens incomplets. Nous sommes ici à un stade qui est celui de la présentation des intentions, des objectifs. Il doit s’agir d’un moment politique qui décline les intentions. A cet égard il est essentiel que dès maintenant l’objectif affiché priorise les projets de R&D qui favorisent et promeuvent l’alternative aux énergie fossiles en matière de conception de véhicules. PSA, outre des difficultés industrielles et sa recherche de profit y compris dans la collecte de subventions et d’exonération fiscale, nous venons de l’évoquer, marque pourtant le pas en matière de développement de véhicules électriques.

Il est donc important de dire, d’écrire que priorité sera donnée aux recherches et projets dans ces domaines. A la lecture du texte de cette délibération, on le voit, la notion d’une dynamique liée à la création de réseaux, d’inter relations de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens est fortement attendue. Portons cette dynamique fine et complexe sur les moyens de transport non polluants. Allions ainsi le savoir faire de ceux qui fabriquent des véhicules et de ceux qui par leur créativité intellectuelle et industrielle contribueront à l’infléchir la courbe descendante et délétère en matière d’emploi et de préservation de la planète.

Nous ne pouvons que regretter que parmi les différentes aides apportées par RM, ne figure pas l’aide à des innovateurs locaux qui par exemple dans l’éolien développent des solutions qui pourraient s’avérer peu couteuses, reproductibles. Vos services ont été sollicités par ces acteurs. Je n’ai pas connaissance qu’une réponse leur ait été apportée. Il est important, essentiel que nous aidions ce type d’initiatives. Elles sont porteuses d’une autre logique et aussi d’emplois. Il s’agit souvent, pour ce type de situation, de pouvoir passer de l’innovation sur prototype avéré à l’étude d’une industrialisation possible. C’est ici aussi que doit se situer, avec force et détermination, note action politique.

Les sommes attendues pour démarrer ce type de projet éolien alternatif sont sans commune mesure avec ce que RM verse à des acteurs institutionnels bien installés. A Valorial par exemple (délibération 10 à venir), sur un système qui conforte à notre sens l’agriculture productiviste.