Ehpad, hôpitaux, prisons, La Poste : face à la casse du service public il faut des élus militants ! Intervention de Yannick au Conseil Municipal du 29 janvier 2018

Madame la Maire, chers collègues,

           En ce mois de janvier il est de tradition de souhaiter la bonne année à tous les Rennais et toutes les Rennaises, nous adressons donc nos meilleurs vœux à nos concitoyens et concitoyennes.

Pourtant elle démarre mal cette nouvelle année, notamment pour les plus modestes d’entre-nous, c’est-à-dire les plus dépendants du service public. Les attaques subies sont violentes et la colère se fait de plus en plus entendre.

Vous l’aurez compris, je fais allusion à la situation des EHPAD, des hôpitaux psychiatriques, des prisons, de la Poste et notamment ici à Rennes. Chaque métier a ses revendications spécifiques, qui se calculent en nombre de personnels pour certains, en rémunérations pour d’autres ou encore en conditions de travail. Pourtant, un point commun les lie tous : la dégradation du service public pour les usagers et des conditions de travail pour les salariés. Des exemples dans la presse suffisamment réguliers prouvent cette dégradation. La toilette des personnes âgées parfois trop épisodique faute de temps, la surpopulation carcérale faute de place, le courrier qui met une semaine à arriver faute de personnels, avec des tournées de plus en plus pré-triées empêchant un déroulé correct et maitrisé par les facteurs eux-mêmes.etc.

Comment expliquer cela ? Il suffit de regarder les budgets qui viennent d’être votés et le manque cruel de moyens savamment orchestré par le Gouvernement, dans la continuité de ses prédécesseurs. Pas la peine ici d’assommer de chiffres, on aura fort à faire lors de notre débat budgétaire tout à l’heure, simplement pour se donner une idée, quand on retire 3 milliards d’€ pour le secteur de la santé on ne peut pas appeler ça autrement que de l’austérité. Et on ne peut pas dire qu’il s’agit là d’une fatalité quand en parallèle on réduit fortement les recettes publiques par une fiscalité plus que complaisante avec les plus riches de ce pays.

            Et pourtant, face à un Gouvernement aussi inflexible, il y a une porte de sortie que nous montrent les salariés du CHGR, les surveillants de la prison de Vezin ou les postiers de Rennes-Crimée: celle de la résistance et de l’action collective. À Guillaume Régnier, il aura fallu plus de 9 semaines de lutte quotidienne, de grève, de manifestations, d’informations, de négociations, pour obtenir de l’État une enveloppe budgétaire supplémentaire qui, même si elle ne règlera pas tout, réduira un temps la détresse dans laquelle se trouvent salariés et patients. Une pensée également pour les militants opposés à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui confirment que la détermination, l’argumentation, la démonstration concrète et l’action collective peuvent faire annuler des grands projets poussés depuis des décennies par les plus hautes sphères politiques et médiatiques.

Comme élus notre devoir politique mais aussi moral est d’appuyer ces salariés et les usagers. Bien sûr, nous ne parlons pas là de compétences de la ville mais un soutien de poids peut peser dans la balance. En effet dans  la résistance face à la démolition des services publics l’action des élus est essentielle. Même si les Gouvernements précédents étaient déjà dans cette logique, il semblerait, Madame la Maire, que vous ayez désormais les mains plus libres pour intervenir publiquement sur ces sujets.

Nous mettons quelques propositions sur la table. Pourquoi ne pas organiser, à l’instar de ce qui a pu se mettre en place à Grenoble, une journée « Services Publics morts » pour favoriser la prise de conscience sur le rôle fondamental des services publics des conditions de travail de leurs agents ? Pourquoi ne pas profiter de tous les outils de communication de la ville (panneaux publicitaires, écrans dans les transports, listes mail …) pour informer nos concitoyens de ces sujets qui les concernent au premier plan ? Enfin, la ville de Rennes ne pourrait-elle pas faciliter la lutte des salariés en ayant une assistance logistique (salles, facilités d’impressions de documents, etc) ?

Vous l’avez compris, notre vision du rôle d’élus ne se cantonne pas à la bonne gestion de notre ville ; pour nous, des élus doivent rester militants. Être militant c’est aussi parfois mettre les pieds dans le plat quand le besoin devient impérieux. Alors dès demain, le 30 janvier, nous espérons qu’il y aura plus de 2 conseillers municipaux dans la rue pour soutenir les salariés des EHPAD à l’occasion de leur journée nationale de lutte..

Merci de votre écoute.

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