UberEats s’installe à Rennes, la précarité aussi

Après Deliveroo depuis l’année dernière, voilà désormais son concurrent UberEats qui arrive à Rennes. Pour 2.5€ les Rennais pourront se faire livrer des repas de chez Macdo, FreshBurritos ou une vingtaine d’autres enseignes, à domicile, « en moins de 25 minutes » comme le promet la marque.

Malheureusement, ce service, d’apparence alléchant, a une contrepartie sociale. En effet, les livreurs subissent des conditions de travail déplorables. Faisons un état des lieux :

D’abord, les livreurs sont contraints de se déclarer autoentrepreneurs pour se mettre au service de ces entreprises. Ils ne sont donc pas salariés mais prestataires de services. Ceci signifie que leur niveau de protection sociale est faible : pas de droits au chômage, pas de congés payés, un très faible niveau de cotisation pour la retraite (pour avoir les mêmes droits à la retraite qu’un salarié il faut avoir 20 000€ de chiffre d’affaire par an au moins) etc. Ils perdent donc les droits attachés au statut de salarié.

Cependant, ils ne bénéficient pas pour autant des libertés qu’ont les autoentrepreneurs classiques. Ils ne peuvent par exemple pas fixer eux-mêmes leurs tarifs et donc leur rémunération puisque ce sont les entreprises recourant à leurs services qui les fixent. Par exemple, quand on travaille pour Deliveroo, on est payé 5€ la course, point.

Bien sûr, aucune certitude sur le gain obtenu à la fin du mois. Difficile d’anticiper le nombre de courses, soumis à des aléas comme le nombre de livreurs concurrents par exemple. En attendant d’avoir une course, il faut patienter, à l’affut, dehors par tous les temps, sans être payé. Autant dire que le revenu horaire n’atteint pas toujours le SMIC.

Enfin, bien entendu il ne faut pas avoir de souci technique avec son vélo, d’accident, ou tomber malade parce que dans ce cas de figure, Deliveroo ou UberEats n’ont aucune responsabilité, le livreur se débrouille seul. Pourtant les accidents des livreurs sont fréquents. Ces sociétés exercent une pression considérable quant aux durées des course, cela conduit souvent les livreurs à moins de prudence et les met objectivement en danger.

Nous devons tous avoir conscience du phénomène d’uberisation qui ramène tout un pan de salariés, notamment parmi les jeunes, aux conditions de travail du XIXème siècle. Dans de nombreuses villes les livreurs ubérisés ont manifesté dans la rue face à cette situation ; nous soutiendrons toute initiative collective sur ce sujet à Rennes.

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