Etat d’urgence, casse du code du travail, après les élections, le changement dans la continuité ! Déclaration de Yannick au Conseil Municipal du 26 juin 2017

Le résultat des récentes élections présidentielles et législatives traduit un bouleversement politique sans précédent. Au delà des résultats eux mêmes c’est tout un système politique qui est mis à terre. En effet le mode de représentation habituel des partis politiques est renversé. Une nouvelle organisation politique, inconnue il y a quasi un an, truste la présidence de la République et une majorité nette à l’Assemblée Nationale. Ce bouleversement intervient lui-même dans un cadre qui déstructure complètement les institutions. L’abstention atteint un niveau considérable. Elle est de 51,3 % pour le premier tout des législatives. La majorité à l’Assemblée Nationale, qui est de 302 députés, repose sur le choix de 13,7% des inscrits seulement. Sa légitimité est d’ores et déjà en cause. La faillite de la 5ème République est patente.

Ces résultats, somme toute exprimés par très peu d’électeurs, constituent un désaveu considérable des politiques menées et de leurs résultats. Les politiques qui ont été conduites depuis 2012 par le Parti Socialiste l’ont été à l’inverse du peu d’engagements qu’il avait pris en lors de la campagne 2011-2012 et des valeurs qui étaient sensées être les siennes. Le CICE qui a apporté des  millions d’euros offerts aux grands patrons et actionnaires, sans quasi d’effet réel sur l’emploi ou alors dans ce cas à un coût public prohibitif et scandaleux (160 000 euros par emploi créé contre 15 000 en 2002-2003 au moment de la mise en œuvre de la RTT). La loi Macron, puis ensuite la loi Travail, furent de vraies régressions sociales accompagnée pour cette dernière d’une violence policière sans précédent depuis la guerre d’Algérie pour mater son opposition dans la rue. A ce contexte de régressions sociales, il faut ajouter la montée en puissance de la répression institutionnelle avec la loi sur le renseignement, l’Etat d’Urgence, dont la durée a été prorogée plusieurs  fois  avec pour effet une efficacité moindre et une banalisation du contexte. Enfin c’est sous ce gouvernement Hollande que nous avons eu à déplorer la mort à Sivens, d’un militant politique désarmé, Rémi Fraisse.

Cette accumulation de mise en cause de notre modèle social et démocratique est considérable. Elle aurait du conduire, lors des élections de 2017, à une rupture nette avec cette politique qui nous conduit dans le mur. Cela n’a pas été le cas.

Les actions engagées par le Gouvernement de Ms E. Macron et E Philippe sont en même temps une rupture superficielle et une continuité qui va reposer sur le socle bâti depuis 2012 et en accentuer les mesures et leurs effets. Le renouvellement considérable des hommes et des femmes au sein de l’exécutif et de l’Assemblée Nationale, l’émergence d’un nouveau parti, l’élimination politique de leaders et de d’anciens caciques du système pourraient laisser à penser qu’il y a un vrai changement.

Rien n’est plus faux. Je prendrai ce soir deux exemples.

Il s’agit bien sûr du projet de loi d’habilitation du gouvernement à légiférer par ordonnances dont les premières orientations ont été diffusées par la presse il y a quelques jours.  L’orientation est très claire, elle frappe ceux qui n’ont déjà que peu de moyens de se défendre, dans l’entreprise ou en dehors ce celle-ci.

Les têtes de chapitre sont éloquentes. Plafonnement des indemnités prud’hommales, adoucissement des clauses pour des multinationales qui licencient ici et se portent très bien ailleurs, fin du Cdi généralisé avec le recours aux Cdi de projets bien plus précaires, marginalisation volontaire des organisations syndicales, fin de fait du compte pénibilité.

Les conflits en cours ici sur notre territoire SDIS, Apase, EHPAD, CHU et CHGR illustrent aussi à leur façon, par la continuité des problèmes rencontrés et des combats à mener, ce lien entre le mandat précédent et celui qui commence.

Mon second exemple concerne le projet inscrit dans le droit commun quatre des mesures phares prévues par la loi de 1955 sur l’état d’urgence : les perquisitions administratives, les assignations à résidence, la création de « périmètres de sécurité », au sein desquels les règles de contrôles d’identité sont assouplies, et la fermeture de lieux de culte. Cette offensive est inquiétante, visant dans son objet lui même le terrorisme islamiste, elle vise aussi de fait les oppositions sociales et écologiques qui n’ont rien de terroristes. J’ai en mémoire, et nous devrions tous garder en mémoire, ce fait révélateur de ce qui vient, l’arrestation de deux militantes en plein tribunal le 07 juin dernier à Rennes. J’ai ce soir une pensée pour elles.

 

 

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