Réflexions sur la sécurité à Rennes, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 30 janvier 2017

16025117-3d-blanc-signe-d-arr-t-gens-policier-avec-un-coup-de-sifflet-isol-sur-fond-blanc-image-3d-banque-dimages

Madame la Maire, chers collègues,

Alors que les résultats locaux du nombre de fait délictueux ont globalement baissé depuis 10 ans, ils ont tendance à ré-augmenter ces dernières années. 4% en plus entre 2015 et 2016 sur le département. Quand on rentre dans le détail, certains ne sont vraiment parfois pas bons. Je pense notamment à ce chiffre glaçant de la hausse drastique du nombre de violences sexuelles entre 2015 et 2016 dans notre département : +22%, dont une terrible explosion du nombre de viols qui passent de 138 à 227. C’est scandaleux et très inquiétant. Il n’en reste pas moins de 15 000 faits délictueux chaque année sur notre ville. Face à cela, nous pensons que des améliorations de la politique municipale de sécurité sont possibles.

Bien sûr il ne s’agit pas d’imputer la prise en charge de tous les délits et crimes à la politique municipale, nous savons que ses compétences et missions sont limitées par la loi.

Il y a aujourd’hui 488 policiers nationaux à Rennes, pour autant notre police municipale est obligée de compenser un manque, raison pour laquelle elle réclame un armement puisqu’elle est confrontée à des situations auxquelles elle ne devrait pas être confrontée. Nous partageons votre point de vue sur l’armement de la police municipale mais en parallèle il faut faire en sorte qu’elle se cantonne à son rôle, essentiel, de police de proximité, proche de nos concitoyens. Au-delà de toutes ses missions (préservation du mobilier urbain, prévention des risques des chiens dangereux, combat contre les nuisances sonores… etc), elle a un rôle fondamental dans la lutte contre le sentiment d’impunité, souvent bien plus fort que les faits d’insécurité eux-mêmes.

Nous insistons donc pour qu’une police nationale républicaine soit suffisamment présente à Rennes. Inutile de préciser que, si la question du nombre d’agents est importante pour leur qualité de travail et les résultats en termes de baisse de la délinquance, leurs missions doivent également être redéfinies avec le Préfet. Nous ne souhaitons pas une évolution des effectifs à la hausse comme l’année dernière pour venir cogner sur le moindre manifestant, commerçant, passant présent lors du passage des manifestations, les organisation syndicales citent un chiffre de plus de 250 blessés par les forces de police. D’ailleurs nous regrettons que Me le Maire n’ait pas joué le rôle tampon qui doit être le sien entre ce type de déchainement des forces répressives de l’Etat et les citoyens de Rennes.

Nous avons voté la Stratégie territoriale de sécurité et prévention de la délinquance 2015-2020, ce programme induit quelques remarques tout de même.

L’environnement dans lequel nous vivons est plus ou moins propice à la commission de délits et de crimes. On ne nait pas délinquant. L’insécurité n’est pas la même lorsqu’une population vit dans un territoire où le chômage et la pauvreté sont faibles, où l’aménagement du territoire a été pensé de manière à favoriser une mixité tout en laissant un minimum d’espace vital aux personnes. Vous voyez où je veux en venir, nos politiques en matière d’aménagement du territoire, nos politiques sociales, nos politiques du logement, nos exigences en matière de mixité sociale et d’égalité femmes/hommes ont un impact direct sur la sécurité. Vous connaissez nos divergences sur ces sujets.

Nous devons renforcer le soutien aux acteurs de terrain qui sont les garants de la cohésion sociale et un sacré garde-fou contre la délinquance. Je pense notamment aux associations de quartier, qui, politiques d’austérité obligent, sont malmenées. Un habitant est évidemment moins prompt à commettre un acte délinquant s’il est stimulé par des activités sportives ou culturelles proches de chez lui et accessibles que s’il est livré à lui-même.

De la même manière, nous considérons comme assez essentiel le rôle des correspondants de nuit dans les quartiers qui, depuis 20 ans, assurent un règlement des conflits de voisinage à l’amiable. Leurs résultats sont probants mais récemment vous avez pris la décision de vous désengager financièrement de cette mission en divisant par 3 le budget qui lui était alloué. C’est une erreur. IL est impératif de séparer les rôles entre la police nationale, la police municipale et les travailleurs sociaux. Ils sont désormais souvent confondus au sein de mêmes missions alors que la stricte séparation de leurs missions a donné par le passé d’excellents résultats à l’instar du travail qui a pu être mené il y a quelques années sur Cleunay.

Enfin, pour conclure, une bonne nouvelle, l’idée selon laquelle la légalisation des drogues douces est une des solutions à explorer pour enrayer les trafics qui augmentent chaque année dans notre ville. Et génère délinquance et violence. C’est une solution retenue depuis hier soir par la Parti Socialiste Voilà une réponse pragmatique à un phénomène qui, ici comme ailleurs, a toujours laissé les réponses politiques qui lui été apportées inefficaces.

Merci de votre écoute.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s