Débats sur la suppression des 7 bureaux de poste à Rennes, petites manœuvres contre l’intérêt général. Intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 5 décembre 2016

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Nous avons présenté un vœu au Conseil Municipal pour la sauvegarde de notre réseau postal à Rennes. Face à cela, le PS a présenté un « contre-voeu » que vous trouverez ici

Le PRG, l’UDB et EELV ont voté notre vœu sans voter celui du PS. Le PS et LR ont voté contre notre vœu mais le PS savait que pour son propre vœu il ne pouvait être majoritaire seul. Il a donc demandé au PCF de ne pas prendre part aux votes (sur les 2 vœux) pour faire baisser le nombre de votants et ainsi pouvoir être majoritaire seul. Chacun pourra constater l’énorme courage politique et le niveau d’indépendance des élus communistes sur ce sujet.

Ci-dessous, notre vœu précédé de l’explication des raisons de son dépôt.

 

Madame la Maire, chers collègues,

Nous avons souhaité vous soumettre ce vœu aujourd’hui qui, vous l’aurez compris, demande le maintien de notre réseau postal à Rennes.

Nous y avons été contraints.

Contraints, d’abord, car l’obligation réglementaire définie par l’article 6 du Contrat de présence postale territoriale, qui oblige le Conseil Municipal à voter pour toute transformation ou fermeture d’un bureau de poste, n’a pas été respecté. Nous n’avons pas voté sur ce sujet. Pourtant, il s’agit là d’une obligation démocratique simple et de bon sens.

Tout a été fait, y compris de la désinformation pour que nous ne puissions pas voter. Par exemple, le Groupe socialiste indique dans son propre vœu que l’Observatoire National de la présence postale aurait changé les règles du jeu en janvier dernier en supprimant l’obligation de vote du Conseil Municipal. Depuis quand un observatoire a-t-il le droit de changer des règles du jeu ? Ce n’est pas dans ces compétences. Cet observatoire a deux missions principales : vérifier que les objectifs fixés par les Commissions départementales de présence postale et du groupe La Poste sont réalisés et valider les nouvelles formes de mutualisation.

Ce même vœu du groupe socialiste indique ensuite que, je cite, « la concertation sur l’évolution du réseau postal s’effectue sur la base d’un dossier de synthèse ». Où est ce dossier ? Quand en avons-nous débattu ?

Vous remarquerez chers collègues que notre ville s’illustrerait par un manque de démocratie important si ce vote n’avait pas lieu. Rappelons que nous ne sommes pas les seuls à réclamer un tel vote. Par exemple, Madame Hidalgo, Maire de Paris, le demande. Au dernier conseil de Paris l’exécutif a, dans un vœu, demandé que les Conseils d’arrondissement soient saisis pour toute évolution de la présence postale sur leur territoire.

Contraints également de présenter ce vœu car la campagne de promotion des fermetures de bureaux de poste est particulièrement indigne. Certains rapports sont cités, à l’instar de celui de la Cour des comptes dans le vœu du groupe socialiste, mais d’autres documents sont passés sous silence. Par exemple, Messieurs Macron et Sapin, alors ministres, ont répondu à cette même Cour des comptes, dans les termes suivants « les relocalisations de bureaux restent (…) les opérations les moins nombreuses en raison des nombreuses difficultés qu’elles génèrent, en particulier un coût très élevé pour un faible retour sur investissement constaté ». Bien que peu connus pour leur attachement aux services publics, ces deux ministres contredisent l’analyse de la Cour des comptes. Pourquoi ne pas en tenir compte ?

Le principal argument des opposants au maintien de nos bureaux de poste est celui de la baisse de fréquentation. De nombreux chiffres ont été transmis. Nous n’en retiendrons qu’un seul, probablement le plus important. Aujourd’hui, à Rennes, 5800 personnes ont franchi la porte d’un bureau de poste. En moyenne 300 personnes par bureau. La photo que vous avez devant vous a été prise à 14h30 aujourd’hui devant le bureau Hoche, menacé de fermeture. Malgré les limites de nos talents de photographes, pensez-vous réellement que ce bureau soit inutile ? Au-delà des statistiques, l’analyse empirique montre que nos bureaux de poste ont une vraie utilité et une réelle fréquentation.

Enfin, nous sommes contraints par un calendrier. Vous n’êtes pas sans savoir que le Contrat de Présence territoriale 2014-2016 entre l’État, l’Association des Maires de France et le groupe La Poste s’achève fin décembre. Le nouveau Contrat 2017-2019 devrait changer les règles du jeu quant à la prise de décision de fermetures de bureaux de poste. Il en sera terminé de l’obligation de passer par le vote démocratique du Conseil Municipal. Notons entre parenthèses que ce nouveau contrat est largement décrié par de nombreuses personnes dont le vice-président de l’Association des Maires de France, Martial Passi ainsi que des dizaines d’élus socialistes, écologistes, communistes et bien entendu du Parti de Gauche.

Vous nous aviez promis un débat sur le sujet de la fermeture des bureaux de poste « avant la fin de l’année » Madame la Maire. Force est de constater que vous n’avez pas tenu parole. Sans le dépôt de notre vœu, ce sujet n’aurait pas été mis sur la table ce soir. Vous espériez certainement pouvoir passer à 2017, et donc au nouveau Contrat de présence postale qui pourrait empêcher un débat de notre Conseil Municipal, sans problème ; nous ne pouvons l’accepter.

Ce vœu est une excellente occasion, chers collègues, d’empêcher la destruction de notre réseau postal rennais. S’il est voté, la teneur des négociations avec le groupe La Poste sera forcément différente.

Merci de votre écoute.

 

Voeu contre la fermeture des bureaux de poste à Rennes

Sur les 19 bureaux de Poste rennais, 7 sont menacés de fermeture à horizon 2017. Il s’agit des bureaux Coëtlogon, Hoche, Danton, Oberthur, Saint-Hélier, Rapatel et La Poterie. Seul celui de Rapatel a obtenu un sursis d’un an.

Pourtant, tous les bureaux de poste ont une place centrale dans leur quartier respectif. Si ce n’était pas le cas ils ne continueraient pas à être fréquentés par plus de 5800 personnes par jour à Rennes. Bien sûr l’outil Internet a permis une diversification des modes de communications mais il suffit de passer devant un bureau de poste, ou y faire une opération, pour constater qu’ils sont toujours très fréquentés. Diversification ne signifie pas substitution.

Si la Poste était un service public d’un autre temps, la mobilisation citoyenne pour le maintien de tous les bureaux de poste ne serait pas aussi importante. Plus de 4000 personnes ont signé une pétition allant dans ce sens, l’intersyndicale est unanime sur ce sujet, plusieurs réunions publiques largement fréquentées ont eu lieu ainsi que des rassemblements.

Ces fermetures seraient préjudiciables aux habitants du quartier mais aussi aux agents de la Poste. Alors que les bureaux de Poste subissent des réorganisations en moyenne tous les 18 mois, 20 salariés rennais seraient à nouveau redéployés. Cette situation n’est pas compatible avec des bonnes conditions de travail. Il est ici inutile de rappeler les actuelles affaires de souffrance au travail et suicides de postiers.

Les 7 bureaux fermés seraient remplacés par des « points poste relais », dans des commerces avoisinants. Cette solution ne serait pas sans poser problème. D’abord, les commerces en question ne pratiqueraient pas les activités de la banque postale. Cette dernière est pourtant indispensable à nombre de nos concitoyens puisqu’elle est la seule à accepter, entre autres, des clients interdits bancaires. Ensuite, non seulement les salariés des commerces de proximité (bar-tabac, supérette …) n’ont pas le savoir-faire des agents de la Poste, même s’ils suivent une courte formation ; mais en plus ces commerces seraient très faiblement indemnisés pour cette activité. Enfin, l’avantage d’un service public de proximité tient dans son accessibilité, aussi bien pour les personnes âgées, les personnes handicapées ou encore les personnes aux problèmes spécifiques, accessibilité non systématiquement garantie dans les points poste relais.

Cette problématique de fermetures de bureaux de poste n’est pas uniquement rennaise ; des discussions ont lieu dans tous les territoires. Certaines villes ont d’ores et déjà confirmé leur opposition aux fermetures, au-delà des clivages politiques, à l’instar de Le Mans (PS) ou Châteauroux (LR) par exemple.

En effet, l’article 6 du Contrat de présence postale territoriale stipule que « un bureau de poste peut être transformé en APC, API, en RP, ou tout autre partenariat avec l’accord préalable du Maire et du Conseil Municipal, qui valident le changement de statut du point de contact et la nature du partenariat ». Cette règle a également été réaffirmée par Mme Fleur Pellerin lorsqu’elle était ministre à l’occasion d’une question au Sénat le 16 janvier 2014.

Aussi, dans ce contexte et au regard de l’article 6 du Contrat de présence postale territoriale susmentionné, le Conseil Municipal de la Ville de Rennes demande le maintien de l’intégralité des 19 bureaux de poste présents sur son territoire.

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