Chronique de la casse d’une entreprise rennaise, le cas de Cooper Standard. Intervention de Yannick au Conseil Municipal du 27 juin 2016

emplois-menaces-lintersyndicale-alerte-psa                                                                                     (photo : OF)

Le groupement SAS Lorimmo a signé avec Cooper Standard, sous-traitant de l’automobile, une promesse de vente relative aux terrains de cette entreprise à l’Ouest Rennes à la Barre Thomas. Elle porte également sur la rétrocession à la Ville et à Rennes Métropole des surfaces liées à l’aménagement et à la viabilisation.

La délibération proposée au présent conseil porte sur l’approbation d’une convention entre la Ville et la SAS Lorimmo.

Cette délibération appelle des observations et soulève des points contestables.

La première concerne bien évidemment la pérennité de la filière automobile et des sous-traitants de celle-ci. En termes d’emploi, il faut noter de façon positive la décision par PSA de la construction à Chartres de Bretagne (La Janais) du modèle automobile C84. Mais il ne faut pas omettre le caractère sinistré de ce secteur sur Rennes. Il y a eu, au final à ce jour, 10 000 emplois perdus dans l’automobile sur notre territoire et 15 000 dans la sous-traitance. En dix ans la construction de voiture sur le site de Rennes est passée de 300 000 véhicules/an à moins de 65 000. La reconversion d’un site industriel est de ce point de vue une interrogation et une inquiétude. Les projets de Cooper Standard s’éloignent de notre territoire. Au nom de la vitalité industrielle Rennes, il faut le déplorer.

La cession du terrain a lieu à titre onéreux. Le chiffre de vente n’est pas cité. Selon nos informations s’il s’agirait de 18 millions d’euros après dépollution par l’industriel. Il faut cependant s’interroger sur le montant de cette cession. Le site de La Barre Thomas a accueilli en 1953 l’implantation de Citroën à Rennes. S’agissait-il ou non d’un achat alors aidé par la puissance publique ? Et dans ce cas qu’en est-il de la plus value ? Les effets de la pollution de ce site industriel à court et aussi long terme, ont-ils été mesurés ? En tout état de cause l’entreprise concernée conduit actuellement un plan social. Cette cession est de ce point de vue, pour lui et ses intérêts, opportune. Mais le résultat est le suivant : la casse d’un site industriel et la casse sociale.

En ce qui concerne les problématiques de financement, rappelons-nous que Rennes Métropole, le Département et la Région ont déjà financé en 2015, entre 20 et 30 millions d’euros, à la demande de PSA, sous une forme de chantage, la reconversion du site de PSA/ La Janais.

Même si ce n’est pas tout à fait le lieu, nous profitons de cette intervention pour appeler de nouveau à l’action pour une transition industrielle autour de véhicules de nouvelles générations moins ou non polluantes. Et ce n’est qu’à ce titre et qu’avec cette forte exigence qu’une aide publique serait concevable.

Enfin, et pour terminer, tout projet de restructuration de cette zone devra dans les cas s’accompagner d’un plan de déplacement intelligent pour faire face aux difficultés actuelles de circulation.

Merci de votre écoute.

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