Pour une régie publique du transport, non à un nouveau contrat avec Keolis, intervention de Yannick au Conseil de Rennes Métropole du 17 mars 2016

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Monsieur le Président, Cher(e)s collègues

L’assemblée est invitée, très en amont, à se prononcer sur le renouvellement du mode de gestion transports sur les villes de la Métropole. Il s’agit d’un nouveau marché de cinq ans qui débutera le 1er Janvier 2018 pour s’achever à la fin de l’année 2022.

La dimension des transports est capitale pour notre Métropole. Les chiffres sont cités dans votre rapport. Le réseau géré par Kéolis a assuré à la fin 2014, 21 millions de KM pour 77,1 millions de voyages. Kéolis emploie sur la métropole 900 personnes. Ces chiffres sont conséquents. Ils sont immédiats. Ils connaitront au regard des ambitions de Rennes Métropole en termes d’urbanisme (500 000 habitants d’ici 2013) une croissance très importante voire très restructurante.

Le rapport expose les défis et enjeux du marché à venir. Ils sont importants. Vous citez par exemple l’impact général de l’ouverture de la ligne b du métro, en 2020 au cours de ce marché et ses effets structurants sur les autres modalités de transport. La plus grande prise en compte du handicap et la maîtrise des coûts et donc des prix d’usage de facto font aussi partie de ces objectifs. Sur ce point bien entendu votre démarche doit être soutenue et appuyée.

Si nous devons nous situer loin dans le temps, nous devons aussi prendre en compte les défis environnementaux qui désormais assaillent nos villes. La toute récente actualité a porté ici, dans notre Métropole, sur des pics de pollution et de présence de particules fines dans l’air ambiant. Il faut bien admette que nous sommes dans une tendance lourde et historique de pollution accrue de nos villes et de nos métropoles. Les sources principales de ces pollutions urbaines sont connues, les automobiles, le chauffage, et, dans une moindre mesure, l’agriculture. L’alternative à l’automobile en ville est de forme diverse (développement du vélo, maîtrise de l’extension des surfaces urbanisées, limitation de l’usage de la voiture par le développement des transports en commun…). A cet égard, il est dommage que l’extension de la gratuité et son effet sur la fréquentation des transports en commun ne soient pas évoqués en tant qu’axe majeur de la réflexion stratégique sur ce nouveau projet.

Je tiens à rappeler au passage que la problématique de la pollution fait glisser la question de la gratuité d’un impératif politique vers ce qui sera demain, en tout état de cause, une nécessité. Nous le savons déjà, en cas de situation atmosphérique critique, l’une des premières réponses de notre métropole est la gratuité. Ponctuelle certes mais efficace. Cette réflexion sur la nécessité prospective de la gratuité, soit dit en passant, démontre bien l’inanité du projet de portillons dans le métro rennais, voté il y a un an.

Quant au mode de gestion, il est regrettable que le présent « rapport de choix », c’est ainsi qu’il est libellé, n’évoque pas, si ce n’est pour l’écarter rapidement, d’autres possibilités que la délégation de service public (DSP). Une étude des différentes formes de régie s’impose. Pour ce type de DSP, il y a somme toute que peu de prestataires. J’en dénombre une poignée (Kéolis, avec un CA mondial de 5,5 Mds d’euros), Transdev (Veolia avec un CA mondial de 6.6 Mds d’Euros), des filiales de la RATP.

Le cadre de cette DSP mobilité est en fait celui d’une situation d’un oligopole où la concurrence n’est pas nécessairement vive et où de toute façon elle peut être indemnisée. Ici c’est 500 000 euros pour un candidat non retenu ayant remis une offre complète et techniquement admissible. Au delà du professionnalisme reconnu de ces entreprises et de leurs salariés, il faut s’interroger sur les effets de ce type de capitalisme de la rente. C’est pour ces trusts (on en dénombre 7 au niveau mondial présents sur 30 pays), au-delà des aléas de tels ou tels contrats, un outil à aspirer, sur la base de la dépense publique, des marges très importantes pour la réalisation de prestations utiles à tous. Des alternatives sont et doivent être possibles. Par exemple, la métropole niçoise, qui pourtant est administrée par la droite, est passée en régie en 2012 ce qui lui a tout de même permis d’économiser entre 80 et 100 millions d’euros sur la durée du contrat.

Pour faire face à ces défis économiques, environnementaux et sociaux une étude, à ce stade actuel de la gestion de projet, d’un mode de gestion différent de la DSP, est impérieux.

Au regard de ce qui vient d’être dit je voterai contre cette proposition.

Je vous remercie de votre écoute.

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