Déclaration politique en soutien aux agents des EPHAD rennais, Conseil Municipal du 14 mars 2016

salle-repos-2-rennes-saint-louis

Mme la Maire, chers collègues

Nous allons le voir ce soir au travers de l’examen d’un certain nombre de questions et de sujets, les tensions liées aux conditions de travail dans le public mais aussi dans le privé s’accélèrent. Ce que nous pouvons constater, à la mesure de nos collectivités, s’inscrit dans un contexte général où ces conditions de travail sont mises à mal. La loi sur le travail qui est actuellement en discussion et très contestée par la jeunesse, mais aussi par les salariés et leurs représentants, est une parfaite illustration de ce qui ne va pas. En effet depuis près de 40 ans le code du travail est l’objet d’une déconstruction permanente. Une universitaire rennaise, professeure d’économie, Mme Anne Eydoux (Rennes 2), a récemment publié dans le cadre de l’association des Economistes Atterrés, un article détaillé sur la chronologie et l’inanité en termes d’emplois de cette politique. La casse de la protection des salariés ne crée pas d’emplois dignes de nom. Elle crée du chômage. Nous sommes donc victimes d’une idéologie qui veut démontrer que le statut et la bonne protection des salariés et des travailleurs empêche l’emploi. Le gouvernement actuel accentue cette idéologie délétère. Il a commencé par des dizaines de milliards offerts aux patronat (CICE), sans à ce jour aucune contre partie. Il persévère désormais par une attaque sans aucun précédent contre le code du travail.

Face à cette montée agressive contre le monde du travail nous devons mobiliser la vigilance et la résistance.

La vigilance c’est, entre autre, celle des organismes gestionnaires et des collectivités comme la nôtre. Nous concernant, nous devons être attentifs aux conditions de travail, au bien être des salariés, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels.

A cet égard la situation des moyens dédiés au CHSCT conjoint de la Ville de Rennes et de Rennes Métropole n’est pas satisfaisante. Le CHSCT est pourtant l’outil de dialogue, de débat et de construction commune autour des conditions de travail. La situation du CHSCT sera traitée ultérieurement dans l’ordre du jour de ce Conseil Municipal.

La résistance c’est ce qu’il faut organiser face aux situations concrètes de dégradation des conditions de travail. A cet égard la situation des maisons de retraite de la Ville de Rennes est à examiner. Les travailleuses de ces six EHPAD on tenté de dialoguer, depuis plusieurs mois, avec la direction du CCAS et de la ville de Rennes sur leurs conditions de travail. Faute d’être entendus elles ont démarré, le jeudi 03 mars une action de grève, inédite dans ce secteur d’activité. Leurs revendications portent pourtant sur des droits légitimes.

  • Légitime : avoir trois vraies semaines de congés en été et non par une période de trois semaines amputée d’un weekend,
  • Légitime : ne pas devoir poser une semaine de congés pour accompagner son enfant le jour de la rentrée scolaire,
  • Légitime : le fait d’avoir un vrai repos de 11 heures entre deux journées de travail,
  • Légitime : pour des parents isolés le fait de pouvoir s’organiser pour que la garde de leur enfant soit prise en compte sur des séquences d’horaire atypiques qui commencent à 6H30 ou qui s’achèvent à 21 heures.

Ce qui est ci incompréhensible c’est que la prise en considération de ces mesures n’est pas de nature à remettre an cause les bases budgétaires des 6 EHPAD de la ville.

Cette situation témoigne d’une indifférence certaine pour les conditions difficiles de ces professionnelles. Les salariées de ce secteur sont très souvent des salariées à bas salaire, dont le domicile est éloigné du lieu de travail. La satisfaction de ces revendications améliorerait de façon assez sensible leur situation. La question de la gestion du temps est aussi un axe politique, ne pas le prendre en compte c’est accroître les inégalités réelles. Rennes se veut pourtant exemplaire en la matière. Il lui faut alors aussi sur les EHPAD être exemplaire.

Le Ville de Rennes organise à juste titre des manifestations dans le cadre de la journée de la femme du 8 mars. Elle oublie toutefois dans cet exemple d’évoquer et de traiter le poids de la situation sociale et celui des inégalités au travail. La situation des salariées de ces EHPAD l’illustre parfaitement.

Alors oui à cet égard, le combat des salariés des EHPAD de la ville de Rennes est exemplaire. Nous élus du Parti de gauche/ Front de gauche, le soutenons.

JP Tual et Y Le Gargasson

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s