Budget 2016 de Rennes Métropole : analyses et commentaires

Le vote du budget annuel est un des votes clefs puisqu’il détermine les choix politiques en matière de recettes (imposition, tarification …) et de dépenses (investissements, services de la Métropole …). Malgré un empêchement professionnel incontournable l’empêchant de siéger le soir du vote, Yannick a travaillé ce budget en livre une analyse.

Pie chart on a stock chart with a budget

En premier lieu il faut saluer Renne Métropole (RM) et les services pour la qualité de la présentation de la note budgétaire. Sa forme répond certes aux nouvelles exigences réglementaires de présentation par fonction, mais il y a une réelle volonté de pédagogie et d’illustration avec des chiffres et données, un glossaire des sigles qui éclairent avec pertinence des chiffres budgétaires souvent abstraits et peu lisibles.

Le budget consolidé de Rennes Métropole est, du fait de la taille de cet EPCI et compte tenu des réformes de concentration des moyens et des ressources liés à la loi Maptam mise en œuvre au début 2015, présenté avec une prévision de dépenses de 853,83 millions d’Euros. Il progresse de près de 24 millions d’euros (2,88%) par rapport à 2015. Le budget dit « principal » représente 345, 76 millions d’Euros de dépenses, soit 41,5 % des dépenses. Les autres postes de dépenses sont ceux des budgets annexes.

Sur ce budget global de 853,83 millions d’euros, il y a 337,47 millions d’Euros de dépenses d’exploitation courantes et 516,36 millions d’Euros de dépenses d’investissement (travaux, aménagement, ligne b du métro). Les dépenses d’investissement représentent donc 60,5% des dépenses globales. Il est clair que pour faire vivre de façon dynamique une collectivité de cette taille les dépenses d’investissements sont nécessaires. Pour loger, transporter, porter l’avenir de la cité, créer des emplois, elles doivent être d’ampleur. Rennes Métropole table sur une population à terme de 500 000 habitants. Son PLH prévoit 75 000 logements d’ici 2030. Mais l’ampleur des investissements ne fait pas toujours leur utilité. Nous continuons de mettre en cause le projet élitiste et inutile du Centre des congrès qui représentera en 2016, un poste de 30,74 millions d’Euros. A titre de comparaison la rénovation de l’habitat se voit attribuer une ressource de 2,16 millions d’Euros. La comparaison est signifiante. Pour nous l’investissement doit être aussi au service de l’égalité, comme c’est le cas du métro par exemple, et non des intérêts particuliers.

L’impact de l’investissement est capital. A titre de comparaison les investissements pour 2016 de RM (soit 516,36 millions d’euros) représentent en argent distribué l’équivalent de 20 % du chiffre d’affaire des 5400 commerces ou points de vente de notre agglomération. L’investissement de RM est permis entre autre par l’autofinancement courant de RM. Cet autofinancement de l’investissement est le résultat d’un niveau de recettes courantes supérieur aux dépenses courantes. En 2016 cet autofinancement est de 51,24 millions d’Euros. Nous mesurons ici l’impact délétère qu’aura sur notre collectivité et les autres, la diminution de la dotation de l’Etat aux collectivités. Pour RM les baisses de financement public (Etat, Département, région) sont pour 2016 de 4,91 millions d’Euros. L’an dernier a déjà connu une baisse comparable et ce sera la même chose l’année prochaine. Il y aura à terme un fort effet ciseaux entre les besoins de création de capital fixe et la régression des recettes.

A l’examen des   postes de dépenses, nous observons au sein des dépenses de personnel un budget de 50 000 euros consacré à résorber l’emploi précaire. C’est peu, trop peu. La masse des dépenses salariales du seul budget principal est de 61,31 millions d’Euros.

Les efforts et dépenses liés à l’environnement et au développement durable sont assez conséquents, l’affichage politique est net. Pour autant, à notre avis, il aurait fallu s’engager plus sur les transports. Le renouvellement de la flotte de bus et véhicules de la Star et d’Handistar (9,4 millions d’Euros) ne prévoit pas l’achat de véhicules électriques ou mixtes. Au-delà de l’affichage, l’action plus quotidienne doit permettre d’agir. Ce renouvellement est une occasion qu’il serait fautif de louper. RM affirme bien sa décision de n’acheter désormais que des véhicules berlines urbaines électriques. Alors pourquoi pas les bus ?

Il faut regretter avec force que le projet de TREM (RER Rennais) ne soit pas évoqué dans ce budget. Des dépenses ont été gagées l’an dernier. Qu’en est-il ? Il faut regretter aussi l’absence d’action sur la qualité de l’eau de la Vilaine. RM doit, à sa mesure bien sûr, agir sur un axe de vie aussi fondamentale pour notre zone urbaine.

La fiscalité évolue peu, RM s’est engagée à sa stabilité sur cinq ans. IL y a toutefois de revalorisation de 1 à 1,5% liés à l’évolution des valeurs locatives ou cadastrales. Quant aux recettes globales de cette fiscalité RM est aidé par son dynamisme démographique.

Les dépenses financières progressent, c’est lié aux investissements. Pour leur financement nous rejoignons le vœu formulé par les élus du groupe écologique de RM sur le choix d’établissements bancaires qui se désengagent des énergies fossiles, qui affichent une politique éthique et sociale et qui investissent dans les secteurs économiques et industriels portant la transition énergétique.

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