L’état d’urgence, un danger pour le peuple ! Déclaration de Yannick au Conseil Municipal du 18 janvier 2016

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Me La Maire, Cher(e)s Collègues,

Notre pays, et il n’est pas le seul, est depuis plusieurs années confronté à des actes terroristes, à des tueries qui soulève le cœur d’une indignation absolue et qui installe dans notre société une inquiétude vive. L’une des causes lointaines et profondes nous le savons est constituée des interventions occidentales (Afghanistan, Lybie …). Ces actions brutales, méprisant les peuples et les sociétés ont créé le chaos, l’abomination. Ce constat désormais partagé par bon nombre d’analystes, de femmes et d’hommes politique aurait dû servir de leçon. Il n’en a rien été.

Aux attaques des tueurs de l’EI de novembre 2015, la réponse a été au dehors la guerre, et à l’intérieur d’installation de l’état d’Urgence. La guerre est surtout constituée de frappes aériennes qui se veulent cibler l’armement, les troupes et la logistique de l’EI en Irak et en Syrie. Mais ne nous y trompons pas, à la terreur des populations soumises à la barbarie de l’EI nous ajoutons celle de ces bombardements qui causent des dommages de tous ordres et fragilisent encore plus les populations. Sur cette attitude, nous parlons de mépris des peuples et des populations. Certes l’aide à apporter, humanitaire, militaire est complexe à définir et à mettre en oeuvre. Mais ce qui est sûr c’est que la réponse actuelle n’est pas et ne sera jamais la bonne.

Ce mépris des peuples à l’extérieur se double d’un mépris ici en interne, dans notre pays des populations.

A l’issue de l’attentat du 13 novembre, le gouvernement, face à la situation très critique a instauré immédiatement l’état d’urgence, sur la base d’un décret d’avril 1955. Il fallait de suite comprendre et répondre. Cet état d’urgence qui était une réponse ponctuellement justifiée est devenu rapidement un état d’esprit politique. Très tôt quelques jours après son instauration des militants actifs de l’action politique écologique ont connu des assignations à résidence. Les interventions des forces de police ont souvent eu lieu avec une brutalité inouïe (mise à terre, menace par des armes). C’est un premier élément du climat qui s’instaure et ce de façon absolument non justifiée. Il y a eu aussi, ici à Rennes dans le quartier du Gast un autre événement qui suscite inquiétude et indignation. Le 3 décembre, un jeune homme Babacar a été abattu par la police. Il était en phase de désarroi profond et était muni d’un couteau ménager. La réponse des forces de l’ordre a été absolument disproportionnée. Babacar a été tué de cinq balles par la police. Cet incident est à notre sens révélateur du climat de suspicion, d’ostracisassions de certains quartiers de nos villes, de populations d’origine étrangère. Nous nous y trompons pas c’est indigne mais c’est aussi très dangereux. Ce qui arrive dans les quartiers est aussi le miroir le reflet qu’induit l’esprit de l’état d’urgence qui perdure. L’esprit de cet état d’urgence c’est aussi l’esprit qui veut faire taire toute opposition déterminée au système. Le premier ministre a traité de voyous les syndicalistes d’Air France. Plus récemment des syndicalistes de Goodyear ont été condamnés à 24 mois de prisons (dont 9 mois ferme) pour avoir défendu leur emploi, leur secteur d’activité et leur dignité. Les poursuites n’ont même pas été demandées par Goodyear mais diligentée par le procureur de la République, donc l’Etat. Tout cela dénote d’un mépris inquiétant, révoltant. Les travailleurs, les populations issues de l’immigration qui subissent fortement ce capitalisme de crise sont désormais stigmatisés par l’Etat. Cet Etat qui pour nous à gauche est sensé protéger les plus faibles.

Le climat délétère généré par l’Etat, et le gouvernement PS atteint profondément nos idées, nos valeurs et nos acquis démocratique et sociaux. L’Etat, à travers la modification de la constitution qui sera proposée prochainement au Congrès de la République Française, persévère en institutionnalisant l’état d’urgence et en proposant la déchéance de nationalité pour les binationaux. Cette dernière mesure indigne beaucoup d’acteurs politiques. Quoiqu’il en soit de son avenir, de la force de notre opposition, le simple fait d’avoir proposé de la mettre en œuvre est un autre point d’orgue de ce mépris des citoyens et du peuple. C ‘est aussi révélateur de l’absence criante d’une vraie pensée politique. « Expliquer c’est déjà excuser » à indiqué récemment le premier ministre. Tout cela est grave et appelle à une opposition politique pensée et résolue.

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