PSA La Janais : chronique d’un homicide volontaire

HmIVs

Depuis 2005, les effectifs de La Janais sont passés de 12000 salariés à 4691 aujourd’hui. Parmi ces 4691 salariés, 1090 sont en congés reclassement et 250 en arrêt maladie longue durée. On parle encore de 250 départs contraints cette année puisque la direction incite les plus de 55 ans à partir.

Et pourtant, malgré ces suppressions d’emplois, la direction de l’entreprise augmente les cadences de travail pour les salariés puisque depuis quelques mois ce ne sont plus 47.5 véhicules par heure qui devaient sortir des chaînes de montages mais 50. Pour ce faire, l’organisation du travail a été revue pour adopter le « full kitting » (http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/28/88/63/A0002-Tracts-syndicaux-4eme-trimestre-2014/2014-11-04-Tract-CGT-Mulhouse-Montage-Full-Kitting-quelles-.pdf).

Par ailleurs, les salariés sont bien souvent obligés de travailler une demi-heure de plus chaque jour pour réussir leurs objectifs de production alors que les jours chômés se multiplient, quatre en septembre, sept en octobre et trois en novembre.

L’activité à PSA est en train d’être rognée de toute part. La Direction externalise de nombreux services contre l’avis unanime des organisations syndicales. Par exemple le service d’envoi de véhicules neufs ou le service sécurité ont été externalisé, faisant appels à d’autres salariés moins qualifiés.

Face à cette situation, Carlos Tavarez, le Président du Directoire de PSA ainsi que des bras droit locaux arguent du fait que depuis la rentrée 2015 le chômage individuel a baissé. Ceci s’explique par le fait que les salariés sont incités à poser des jours de congés ce qui ne les fait pas apparaître dans la comptabilité du chômage partiel. Lors de réunions du comité de réindustrialisation, 150 à 200 nouveaux emplois avaient été promis. Il était en effet question d’un projet de plateforme centrale dans le domaine de l’alimentaire.

Malheureusement le porteur du projet a été dissuadé de s’implanter à Chartres de Bretagne par ses concurrents (Leclerc, Super U …), le projet ne verra donc pas le jour. Seul douze anciens salariés de PSA ont été repris par la nouvelle entreprise implantée sur le site de La Janais, B3 Ecodesign qui transforme des conteneurs maritimes en bureaux ou logements. Le groupe breton de BTP Pigeon a fait l’acquisition d’une emprise foncière dans l’enceinte de l’usine PSA pour y faire fonctionner une centrale de production de béton. Dix-sept personnes seront recrutées. Le groupe Sita Suez achète également un espace foncier pour l’installation d’une déchetterie industrielle, qui recrutera 23 salariés. Selon les cas, le personnel peut être issu, ou non, de PSA. Les comptes sont loin d’y être.

Et pourtant, malgré toutes ces suppressions d’emplois, malgré tous ces sacrifices demandés aux salariés, l’État et les collectivités continuent de verser des millions d’euros sans aucune condition. Ainsi, entre 2013 et 2014 le groupe PSA a reçu 126 millions d’euros au titre du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE). Localement, les subventions se multiplient également alors que Tavarez a exigé en janvier dernier dans une lettre confidentielle à P.Massiot (Président du Conseil régional), JL Tourenne (ancien Président du Conseil Départemental) et E.Couet (Président de Rennes Métropole) entre 20 et 30 millions d’euros de subventions (acquisition de foncier, aide à la compétitivité…) en échange de la sauvegarde des sous-traitants de PSA à Guichen, Bain Sur Oust etc. Il s’agit là d’un véritable chantage, mais le PS se laisse faire et paye.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s