Mauvaise qualité des eaux, ne baissons pas la garde, intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 11 mai 2015

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Madame la Maire, mes chers collègues,

Ce projet de délibération n°47 visant à approuver des remarques qui porteraient ainsi la voix de notre conseil municipal dans toutes les structures intervenant dans le domaine de l’eau amène le groupe Parti de Gauche à formuler les commentaires suivants.

Aujourd’hui en mai 2015, nous constatons au travers de différents rapports et de la bouche du Préfet lui-même un retard conséquent et anormal de la qualité de l’eau de surface, de plusieurs plans d’eau et des eaux souterraines sur le bassin de la Vilaine, de l’Ille et alentours.

Notre ville se situe à la confluence de ces cours d’eau auxquels nous pouvons ajouter la canal d’Ille et Rance .

Si aujourd’hui ce constat sanctionne l’échec des engagements de qualité fixés pour 2015, la solution de décaler à 2021 le respect des engagements ne ferait que repousser le problème à 2027 et ainsi de suite. Ce n’est pas acceptable.

Nous observons également que le SDAGE en question s’engage de 2016 à 2021, ce qui rend exigeant l’objectif de 56% de masse d’eau en bon état écologique en 2021 au vu des mesures connues à ce jour et surtout de la vitesse à laquelle les politiques publiques d’incitation produisent leurs effets. L’objectif pour 2015 était de 36% de masse d’eau en bon état écologique, de combien est-il vraiment cette année ? Quand il est évalué un état bon, cela signifie que les mesures ne franchissent pas les seuils tolérés des pollutions, cela ne signifie pas que l’eau soit propre.

Quelques repères :

En 2013, seulement 13% des masses d’eau sont caractérisées en « BON ETAT ».

L’état des masses d’eau souterraines du bassin de la Vilaine est MAUVAIS pour les paramètres « nitrate » et « chimique »..

L’état des masses d’eau souterraines du bassin de la Vilaine est BON pour le paramètre « pesticides ».

Les états « écologique » et « biologique» des masses d’eau de surface, cours d’eau sur le bassin de la vilaine est MEDIOCRE ou MOYEN.

L’état « chimique » des masses d’eau de surface, cours d’eau sur le bassin de la vilaine est MAUVAIS.

La caractérisation des risques de non-respect du bon état 2015 des cours d’eau : « macro-polluants », « pesticides », « phosphore », « nitrate » sont toutes classés en RISQUE.

L’évolution de l’indice « poisson rivière » de 2001 à 2008 situe le bassin de Vilaine en TRES MAUVAIS et MAUVAIS.

L’évolution de la classe de qualité pour la prolifération végétale de 2001 à 2008 est MOYEN.

La caractérisation du risque de non respect du bon état 2015 des cours d’eau pour les paramètres : morphologie et Hydrologie est RISQUE et DOUTE.

Les réseaux d’Evaluation des Habitats du bassin de la Vilaine pour les paramètres : Altération ANNEXES LIT MAJEUR, LIGNE D’EAU et DEBIT sont de niveaux MEDIOCRE et MOYEN.

Les réseaux d’Evaluation des Habitats du bassin de la Vilaine pour le paramètre : Altération BERGE est de niveau MEDIOCRE.

Ainsi, alors que ces mesures et évaluations alertent sur l’état de la qualité des eaux et soulignent la non atteinte des objectifs pour 2015, il nous est demandé aujourd’hui d’alléger des dispositions du SDAGE jugées contraignantes pour la ville.

Ce que la ville devrait porter au SDAGE, c’est tout le contraire.

Déclencher un plan d’urgence pour retrouver une bonne qualité des eaux de surface et souterraines. Concertation au plus près des habitants, de leurs élus des utilisateurs et riverains des cours d’eau. La force publique se doit d’être volontariste, convaincante, juste et cohérente pour que des objectifs vitaux comme ceux de la qualité de l’eau puissent être obtenus.

Ni stigmatisation, ni naïveté, mais en aucun cas reculer sur cette question. Les échecs relevés en Ille et Vilaine posent la question de l’efficacité politique déployée, à tous les niveaux.

Inutile de renvoyer la balle à telle ou telle instance, les habitants du bassin ont connu l’alternance de deux forces politiques hégémoniques sur de longues périodes dans le bassin de la Vilaine. La sanction est nette sur leurs échecs en matière de qualité de l’eau.

Ces problèmes n’ont que trop duré. Le contenu politique de la délibération demeure pauvre avec un manque de dynamisme conquérant, il ne propose pas d’aller plus loin, plus vite et mieux mais plus lentement en affranchissant la plus grande ville du département et de la région d’un devoir de solidarité et d’un comportement prescripteur, militant, pour les bonnes pratiques.

Sur le PGRI, nous savons que 2560 bâtiments dont 2172 habitations sont concernées par le « risque inondation ». Ces habitants et entreprises de Rennes ont-ils été consultés, sont-ils prévenus des intentions débattues aujourd’hui ? Nous en doutons. En tout cas, à ce jour, le risque inondation à Rennes existe pour beaucoup de nos concitoyens et vous voudriez éviter que le SDAGE contrarie les intentions urbanistiques de la ville. Nous ne partageons pas cette façon de faire.

Le SDAGE devrait effectivement faciliter les connexions entre les différentes planifications d’urbanisme. Mais en reprenant les mesures de qualité citées en début de cette intervention, la ville de Rennes n’est pas tout à fait en situation de convaincre, tant le retard pris et l’inefficacité générale discréditent toute velléité d’assouplissement.

Tant que la Vilaine ne permettra pas à nos enfants d’y plonger et d’y nager, nous continuerons à pousser l’exigence politique, pour la défense de ce bien et ressource commun.

En conséquence, nous voterons contre cette délibération.

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