Budget 2015 de la ville de Rennes, quelques bons points, beaucoup d’austérité !

Voici notre intervention qui a précédé les votes concernant le budget 2015 de la ville de Rennes.

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Madame la Maire, chers collègues,

Nous avons attentivement étudié cette proposition de budget. Sans angélisme ni dogmatisme, nous l’avons analysé en nous posant toujours les questions que chaque élu-e doit se poser, à savoir celle de l’intérêt général et des valeurs portées par le programme qui nous a permis d’être élu.

Le gouvernement, qu’une partie de votre majorité municipale continue de soutenir, ne vous rend pas la tâche facile, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette année, à nouveau, l’austérité va continuer ses ravages, les dotations d’État vont baisser, de 8.6%, ce qui représente un manque à gagner de 5 millions d’euros pour notre ville. Bien entendu, puisque les autres collectivités territoriales subissent la même austérité, leurs participations budgétaires aux politiques publiques rennaises vont également diminuer, à l’instar de celle du Conseil Général qui sera abaissée de 5.8%. Rennes perdra ainsi au global 5.6 millions d’euros. Cette diminution a pour effet direct de réduire la capacité d’autofinancement pourtant indispensable à la conduite d’investissements publics nécessaires.

Nous observons deux choix que nous approuvons : à la fois la proposition de ne pas augmenter l’imposition mais aussi celle de garantir un endettement maîtrisé. Mais les déclinaisons budgétaires qui en découlent confirment nos divergences. Bien entendu certaines décisions nous conviennent tout à fait et nous les soutiendrons, à l’instar de la hausse de 50 000€ du dispositif « Sortir » ou de l’objectif d’augmenter progressivement la part du bio dans les cantines scolaires. Certains investissements nous paraissent également nécessaires, comme la construction du groupe scolaire Beauregard ou les 3 millions d’euros débloqués pour réaliser des travaux d’économie d’énergie.

Cela dit, qu’il s’agisse de la partie investissement du budget ou de la partie fonctionnement, plusieurs dépenses nous paraissent au mieux superflues, au pire inutiles voire nuisibles. En évitant ces dépenses, nous pourrions conserver des services publics de qualité à la disposition de tous et en récupérer d’autres affectés encore aujourd’hui en DSP.

Ainsi, par exemple, nous condamnons le projet d’aménagement aux prairies Saint-Martin, estimé à 1.5 millions d’euros, car en plus d’entraîner l’expulsion d’habitants et de fermer des jardins ouvriers, il est question de bouleverser le dernier espace naturel de notre ville pourtant riche en biodiversité. De la même manière les deux caméras de vidéo-surveillance prévues à République et Italie sont de l’argent gâché sur l’autel d’une prétendue baisse de l’insécurité alors que toutes les études démontrent le contraire.

200 000€ supplémentaires sont alloués aux écoles privées (+7% par rapport à 2014) dont il faut noter qu’une partie d’entre-elles n’a pas d’assise légale puisqu’il s’agit de dépenses informatiques pour lesquelles le Conseil d’État a précisé leur caractère facultatif dans une décision du 2 juin 2010. Globalement, ces dépenses auraient largement pu permettre de financer à budget constant les classes de découvertes pour les enfants, qui vont subir une coupe budgétaire de 3.5%. Pourtant les crédits de la caisse des écoles (70 000€) ont été basculés à budget constant sur la ligne budgétaire dédiée à ces classes de découverte. C’est votre choix politique. D’un côté vous souhaitez ouvrir le débat sur la Laïcité et de l’autre vous ne respectez pas les principes de la Loi de 1905. Les situations de cette nature rendront difficile à nos yeux la mobilisation du mouvement laïc et républicain.

De la même façon, l’austérité s’appliquerait à la prévention sanitaire (-3%), à la prévention de la délinquance (-5.5%), au budget alloué aux politiques du handicap et de l’accessibilité (-6%) alors qu’en parallèle le Carré rennais, qui regroupe un certain nombre d’entreprises dont des multinationales comme Carrefour ou Allianz, s’apprête une nouvelle fois à recevoir 91 000€.

Le sport est lui aussi victime de cette logique politique, puisque la piscine des Gayeulles s’apprête à fonctionner avec un budget raboté de 7%, tout comme les animations sportives extra-scolaires qui elles sont amputées de 11% de leur budget ; alors qu’en parallèle on distribue 150 000€ pour le tour de France.

Il ne s’agit pas là de nécessités économiques mais de choix politiques condamnables. Nous ne sommes pas dans une opposition de principe, nous reconnaissons par exemple que les efforts faits en matière d’économie d’énergie, de carburants et de frais de communication par la ville de Rennes sont salutaires. Pour autant nous ne pouvons pas voter en faveur d’un budget qui s’apprête de gré ET de force à mettre en place une politique d’austérité en diminuant notamment ses investissements de 35% par rapport à l’année dernière.

Les premières victimes en seraient les rennais Madame la Maire.

Comment pouvez-vous supprimer les subventions aux organisations syndicales, dans le contexte d’aujourd’hui où les permanences sont sollicitées par d’innombrables cas à défendre. Les salariés de droit privé mais aussi public, ont besoin de structures syndicales interprofessionnelles. Le bassin d’emploi de Rennes génère de plus en plus d’injustices, aggravées par toutes les mesures anti sociales portées par le gouvernement. Souhaitez-vous qu’ils soient moins bien défendus par leurs syndicats dont les subventions de fonctionnement seraient supprimées ? Cela aurait inévitablement un impact sur l’efficacité de leur défense mais encouragerait aussi les comportements injustes voire illégaux de certains employeurs.

Ce sont aussi les salariés de la ville de Rennes et donc les usagers des services publics qui devront supporter la dégradation des conditions de travail à cause de budgets trop serrés. D’ailleurs, le périmètre du service public restera-t-il toujours le même où irons-nous vers plus de délégation au privé comme le laisser supposer une partie de la délibération ? Jamais les scénarios de mise en DSP n’ont démontré un intérêt financier pour la ville.

Ce sont aussi les usagers qui verront les tarifs de leurs services publics augmenter à l’instar des jeunes souhaitant s’inscrire au Conservatoire, dont les tarifs vont augmenter de 43 000€ en tout cette année.

C’est tout le vivre ensemble qui est impacté lorsque l’on diminue les budgets de fonctionnement des maisons de quartier, à l’instar de celle de La Touche ou du quartier St-Martin, ou des MJC à l’instar de celle de Cleunay ou de Brequigny.

Enfin, nous souhaitons rappeler une chose. L’austérité ce n’est pas seulement une baisse de la qualité de vie avec des services publics amenuisés, c’est aussi un contre-sens économique puisqu’une quelconque relance de l’activité est improbable lorsque le pouvoir d’achat des ménages est au point mort puisqu’ils doivent payer des services auxquels ils avaient auparavant accès gratuitement, ceux-ci étant financés par l’impôt, outil de répartition des richesses.

Nous voulons une municipalité de gauche qui s’engagerait à dénoncer les choix désastreux du gouvernement et appellerait la population à se mobiliser pour faire valoir ses exigences. Ainsi, nous construirions un véritable bouclier anti-austérité porteur de solidarités et de valeurs progressistes.

Ce sont pour toutes ces raisons Madame la Maire que s’il y avait un vote global, nous voterions contre le budget primitif.

 

Merci de votre écoute.

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