Déclaration Conseil Municipal du 13 octobre 2014

Vous pouvez écouter la déclaration commune des élus du Front de Gauche d’une durée de 5 minutes 30 (à partir de 31mn20), en cliquant sur ce lien :

Madame la Maire, chers collègues,

La situation générale en ce début d’automne est très préoccupante pour le camp progressiste dont nous nous réclamons.
Les choix affirmés par le gouvernement socialiste, loin de résoudre la crise vont approfondir les difficultés que vivent les classes populaires. Nous assistons, semaine après semaines à une  succession de reculades et de capitulations, face au pigeons et autres volatiles patronaux. Le CICE (« crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ») n’est encore qu’un énième cadeau fiscal sans aucune garantie ou engagement sérieux du patronat en matière de création d’emplois ou d’investissement productif. La réalité, c’est la poursuite de la hausse du chômage et de la précarité.
Par ailleurs, le projet de budget 2015 du gouvernement Valls 2 constitue la première étape du plan de réduction des dépenses publiques de 50 milliards d’euros d’ici 2017.
Ce projet de budget prévoit une baisse des dépenses de l’État, de 7,7 milliard d’euros. 1200 fonctionnaires de moins ; un point d’indice gelé depuis 2010 et qui le restera… Pour l’emploi comme pour les salaires  c’est une politique d’austérité qui s’applique.
Il prévoit également d’amputer le budget de la protection sociale de 9,6 milliards d’euros, dont 3,6 milliards pour l’assurance-maladie. Au nom de la sacro-sainte réduction du déficit, ce sont les assurés sociaux qui vont devoir payer. Prétextant des dépenses qui seraient trop élevées, patronat et gouvernement s’en prennent aux droits en réduisant le niveau des prestations. Dans le même temps, ils remettent en cause sa pérennité financière en réduisant durablement son financement à coup d’exonérations de cotisations patronales. Pire, comme vient de le révéler la cour des comptes, la sécurité sociale subit une fraude massive aux cotisations des employeurs, qui représente un manque à gagner de 25 milliards d’€. Les députés PS « frondeurs » ont été évincés de la commission qui travaille sur le budget de la Sécurité Sociale. On peut deviner pourquoi lorsqu’une réduction des prestations  familiales est annoncée. Le 23 septembre les personnels de santé se sont mobilisés, alertant sur les effets dramatiques du dénommé ONDAM (« objectif national de dépense de l’assurance maladie ») sur les conditions de travail dans les hôpitaux et la qualité de l’accueil des usagers. À Rennes les personnels du CHGR agissent depuis des mois pour se faire entendre à ce sujet. Le 16 octobre des manifestations interprofessionnelles auront lieu pour défendre la Sécurité sociale. Nous serons partie prenante de cette mobilisation.
Avec des services publics qui se réduisent, une rétractation de l’amortisseur que représente la sécurité sociale et dans le contexte de crise économique, ce sont les classes populaires qui vont subir plus fortement cette politique d’austérité. Et donc ce sont nos communes, échelon de proximité qui vont être davantage sollicitées. Comment répondre à ces besoins quand dans le même temps, ce projet de loi de finances en 2015, va priver les collectivités territoriales de 3,7 milliard d’euros de dotations soit une diminution de 6,4% du financement de l’État aux collectivités. Les conséquences austéritaires pour la population se déclineront en termes de diminution des moyens pour les services publics et de baisse des investissements. La baisse de 500.000 euros dès cette année des dépenses de fonctionnement des services municipaux de la ville de Rennes en est un avant-goût.
Dans le même temps, les signaux d’alerte se mettent au rouge. En effet,  de 2012 à 2013,  la dette des collectivités locales vient de glisser de 3,7 à 9,2 Milliards d’euros, soit désormais 10% du déficit public. Ces chiffres sont inquiétants. Certes la situation financière de Rennes et de son agglomération sont considérées comme saine pour le moment. Mais le maintien de la politique de rayonnement qui s’appuie sur des investissements de prestige, couplée à ces baisses de dotations orientera des choix budgétaires qui ne serviront pas prioritairement la population. Comment face à l’aggravation de la situation économique et sociale de nos concitoyens pourront nous affirmer le rôle de bouclier social que doit jouer notre ville.
Outre le fait qu’il diminue les dotations des collectivités, l’État s’emploie, par une loi adoptée en juillet 2014, à défavoriser les collectivités dans leur capacité à négocier en position de force, leurs dettes toxiques, avec les établissements bancaires. En appuyant les banques l’État enfonce les collectivités qu’il est censé défendre. C’est scandaleux.  Dégradation annoncée des services publics, cadeaux aux banques, le sens de la politique actuelle n’est pas tenable.
En résumé, lorsque, en séance du conseil municipal au mois de mai, nous dénoncions le « pacte de responsabilité » comme outil d’une politique totalement contraire aux intérêts de la population et tournant résolument le  dos aux valeurs de la gauche, nous ne nous trompions pas de cible.
À Rennes, aujourd’hui, 2 actions -entre autres-, sont de notre ardente responsabilité pour restaurer une confiance en lambeaux et permettre à nos concitoyens de forger leur propre bouclier afin de résister aux politiques d’austérité du gouvernement.
-l’une de ces actions se nomme « fabrique citoyenne ». Nous sommes tous convaincus de l’intérêt de la démarche et du fait que cela ne se fera pas sans une grande volonté et un réel engagement des élus, en soutien de l’engagement citoyen. Nous réaffirmons l’importance, pour nous, de voir aboutir une mesure démocratique: le référendum d’initiative populaire.
-l’autre action se nomme « mandat unique ». Le mandat unique a l’avantage de cumuler les vertus. Il indique tout d’abord que l’on considère l’engagement politique comme une affaire très sérieuse, qui mérite que l’on se rende disponible pour lui consacrer tout le temps nécessaire. Et le mandat unique illustre l’idée de démocratie. Un système qui concentre plusieurs responsabilités politiques sur une seule personne n’est pas démocratique. Du fait même de cette concentration. Enfin, le mandat unique parle de partage, et de considération pour les citoyens. Non, la capacité à assumer des responsabilités politiques n’est pas rare ! Oui, elle est partagée ! Faisons confiance !

 

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